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La Flamme des Droits de l'Homme en Suisse et en France   Donnez votre avis sur le programme
Durée du programme: 30'35"  download mp3(16k) | (128k)

Thème culturel, tout sur le


Samedi 15 septembre arrivait à Genève, la Flamme des droits de l’homme en provenance de Slovaquie. Ce relais mondial de la Flamme est à l’initiative de la CIPFG Coalition d'Investigation sur la Persécution du Falun Gong en Chine. Elle est composée d’ONGs, de personnalités politiques d’Europe, d’Asie, d’Amérique et d’Australie regroupant plus de 300 membres officiels et actifs de différentes professions (médecins, élus, avocats, artistes, sportifs…). La CIPFG vise à faciliter les enquêtes sur la persécution du Falun Gong en Chine par le Parti communiste chinois, de manière approfondies et indépendantes au sujet des prélèvements d’organes sur des pratiquants de Falun Gong enfermés dans des camps, des hôpitaux civils et militaires, et toute autre infrastructure en Chine. Les preuves collectées à la fois à l’intérieur et à l'extérieur de la Chine permettent de mettre fin à la persécution brutale de millions de personnes innocentes et au commerce d’organes humains.


Patrice Mugny, maire de Genève et membre de la CIPFG Europe


« J’ai tenu à être parmi vous aujourd’hui, car la liberté spirituelle ne s’interdit pas. Je crois profondément à la liberté de croyance, celle que devrait posséder chaque homme ou chaque femme sur cette terre. C’est pourquoi, j’ai voulu montrer ma solidarité envers les partisans du Falun Gong qui sont aujourd’hui victimes de répression en Chine. La perspective des Jeux Olympiques à Pékin ne doit pas dissimuler cette réalité qui fait que des adeptes du Falun Gong tout comme des membres de groupes chrétiens non reconnus par l’Etat se trouvent dans le collimateur des autorités chinoises.

De fait, c’est avec inquiétude que j’ai pris connaissance en mars 2006, de l’inquiétude du rapporteur spécial des Nations unies sur la torture. Selon ses informations, deux tiers des victimes présumées de torture en Chine seraient des pratiquants de Falun Gong.

Le rapport d’Amnesty International de l’année dernière indique lui aussi que les autorités chinoises ont lancé « une campagne officielle de diffamation envers le Falun Gong et créé un climat de haine envers ses pratiquants, ce qui peut encourager les actes de violence à leur égard ». Le Parlement européen a lui aussi condamné la répression dont sont victimes les pratiquants du Falun Gong, de même que les Tibétains. Selon Amnesty International, des dizaines de milliers de pratiquants du Falun Gong ont été arbitrairement arrêtés en Chine depuis que ce mouvement spirituel a été interdit en juillet 1999, les autorités estimant qu'il représentait une «menace pour la stabilité sociale et politique». Les personnes accusées d'être des dirigeants ou des organisateurs du mouvement ont été condamnées à des peines d'emprisonnement tandis que des pratiquants ont été internés dans des hôpitaux psychiatriques. La grande majorité d'entre eux sont détenus dans des centres de «rééducation par le travail», forme de détention administrative qui permet de maintenir des personnes prisonnières sans inculpation ni jugement, ni réexamen judiciaire. Les pratiquants du Falun Gong seraient très fréquemment victimes de torture ou d'autres formes de mauvais traitements en détention, en particulier s'ils refusent de renier leurs convictions spirituelles.

Ces dernières années, la Chine a connu un prodigieux essor économique. Mais que signifie cette fantastique croissance, si la liberté de penser et de croire que chaque homme et chaque femme devrait posséder, est menacée ou réprimée ?

C’est au nom de la liberté de croyance de chaque individu que je suis aujourd’hui avec vous pour recevoir la flamme des droits de l’homme, laquelle sera ensuite transmise le dimanche 16 septembre à Paris, après être venue d’Athènes, puis Munich, Berlin et Prague ».


M. Luc Recordon, conseiller national au Parlement Suisse et candidat au Conseil des Etats

« Il était important qu’un parlementaire fédéral aussi se déplace et vienne donner un message de ce qui, se pense, je l’espère très largement, sous la coupole fédérale au conseil national comme au conseil des états. La Chine est un grand pays, le plus peuplé du monde, qui nous a donné les très estimables philosophies de Confucius, de Lao Tseu et du lamaïsme. Elle ne saurait beaucoup plus longtemps omettre de constater que le retour à sa grandeur passée suppose non seulement une prospérité économique retrouvée, mais aussi le respect intégral de la dignité humaine…
Puisse le très symbolique passage de la Flamme des droits de l'homme inspirer ceux qui recevront en 2008 la Flamme olympique à Pékin, tout particulièrement les autorités de la République populaire de Chine, afin que cet événement marque un tournant dans le progrès des droits humains dans ce pays ».


M. Conrad Mueller, directeur de Swisstransplant, la Fondation nationale Suisse pour le don et la transplantation d'organes : nous l’avions interviewé il y a un peu plus d’un an, quand les prélèvements d’organes en Chine ont été découverts


« La plupart des transplantés considèrent leur nouvel organe comme le plus grand cadeau qu’on leur ait jamais fait et parlent du donneur décédé anonyme comme de leur meilleur ami. Malheureusement, il existe des pays dans lesquels le don d’organes n’est pas effectué sur une base volontaire. Des personnes en situation sociale délicate, par exemple des prisonniers sont victimes de chantage, dans la mesure où on les condamne à la peine de mort dans le but de distribuer ensuite leurs organes.
Ces agissements nous touchent particulièrement, nous qui aimons nos patients et nos métiers, puisqu’il y a également des médecins et des soignants impliqués dans ces affaires. »


M. René Wadlow est représentant à l’ONU de l’ONG World Citizens. Il a été directeur de rechercher à l’Institut d’Etudes et de Développement de l’université de Genève.

« En tant que membre de la CIPFG, je salue cette initiative d’une flamme alternative de lumière à travers le monde…
Les dieux de l’Olympe sont les frères et sœurs des sages taoïstes dont l’exemple brille pour tous les humains ».


Eric Stauffer, Député au Grand Conseil de la République et Canton de Genève et candidat au Conseil national

« Comme cela a été le cas pour la défense du TIBET et du Peuple tibétain, il est aujourd’hui de notre devoir de tout mettre en œuvre pour arrêter les agissements inhumains de la Chine contre une partie de ses ressortissants. Le fait que cette grande Nation soit l’un de nos partenaires, notamment économiques et en dépit du déséquilibre manifeste des tailles de nos deux Etats, n’y change rien. Il est de notre devoir de démocrates de défendre la liberté d’expression. Faute de quoi c’est la démocratie suisse qui est, elle aussi à terme, en péril. Dans le cas qui nous occupe, il faut savoir que les pratiquants du Falun gong sont les victimes régulières des pires atrocités, avec les prélèvements d’organes sur des corps encore vivants à des fins commerciales.
Si je veux être digne du statut de Genève, dont j’en suis un des élus, comme Cité Internationale des Droits de l’Homme et capitale mondiale de la Paix, il est de mon devoir de tout entreprendre afin que cesse la torture et le commerce d’êtres humains. »

M Régis de Battista, Président du Comité de Soutien au Peuple Tibétain et Ancien député du Grand Conseil de Genève

« Je suis là aussi en quelques mots pour parler aussi de la question tibétaine. Je ne suis pas tibétain comme vous pouvez le savoir et le voir, mais c’est vrai qu’il est important de savoir que si les tibétains ne sont pas dans des manifestations publiques de ce genre c’est qu’il y a une répression, ils ont peur que même en Suisse ils soient pris en photo et que leur famille subisse la répression. : C’est une réalité à Genève et en Suisse.
L’autre chose, c’est vrai pour la question tibétaine actuellement comme il y a les jeux olympiques c’est un enjeu très difficile pour eux parce qu’ ils se trouvent dans un dilemme de devoir énoncer les violations des droits de l’homme au Tibet, mais ils ne le peuvent pas car il y a toujours des négociations en cours entre les autorités chinoises et le Dalai Lama et c’est ça leur dilemme, c’est pour ça qu’ils ne sont pas là et c’est pour ça que je suis là en tant que non tibétain pour parler.
C'est avec un grand plaisir que j'ai accepté de dire quelques mots à l’occasion de cette action pour créer un Relais mondial de la Flamme des Droits de l’Homme ici à Genève…
11 est important de rappeler que le Parti communiste chinois continue à cacher son véritable visage d'oppresseur dans un pays qu'il gouverne de façon totalitaire…
Nous ne sommes pas aveugles devant le miroir aux alouettes mis en place par le Parti communiste chinois pour faire croire qu'avant les jeux olympiques 2008 la situation sur les Droits de l'Homme va être adoucie ».


Dano Halsall : lui, c’est un champion de natation qui a porté la flamme olympique en 2004 pour les jeux d’Athènes. Il est là à nouveau pour la flamme des droits de l’homme. Il était accompagné d’une autre sportive suisse, Lise-Marie Morerod, skieuse spécialiste en Slalom et ancienne détentrice de la coupe du monde de ski alpin.

« C’est un honneur pour moi, un devoir et une responsabilité d’être aujourd’hui parmi vous. Un honneur d’avoir été choisi comme sportif pour représenter le sport suisse dans cette action, un devoir en tant que citoyen suisse et genevois et homme libre de dénoncer tous les exactions et répressions du gouvernement totalitaire chinois mais c’est aussi une responsabilité en tant que sportif et au nom des sportifs…
En 2001 quand le CIO a attribué à Pékin l’organisation des les jeux Olympiques c’était un mouvement d’ouverture vers la Chine. Six ans après, on se rend compte par les différents rapports qui ont été faits, que au niveau de la politique interne en Chine pas grand-chose n’a changé les droits de l’homme sont toujours bafoués. Il y a toujours beaucoup de violence et de répression et l’ouverture qu’on espérait en 2001, ce n’est en tous cas pas une ouverture des prisons c’est encore moins une ouverture d’esprit, mais je pense que c’est plutôt une ouverture de marché malheureusement ».

M. Christian Benda, violoncelliste de Barbara Hendricks

« Vous vous souvenez d’un violoncelliste devant le mur de Berlin il y a quelques temps : Alors je vais vous jouer un morceau de Jean Sébastien Bach qui était joué par ce grand violoncelliste Mislav Rostropovitch au moment oú le mur est tombé et il s’est rué pour arriver à Berlin et être en communion avec cette action. Alors j’espère que ceci sera pour vous, pour nous tous et pour l’humanité une sorte de prévisualisation. Je voudrais ajouter que la vraie flamme olympique, ce sont nous-mêmes les hommes, les âmes ».


Oscar Freysinger, conseiller national qui siège au parlement suisse

« Combien de cris de torturés pour nourrir un hymne olympique?
Combien d’os broyés pour construire un stade ?
Combien de cendres pour la piste ?
Combien de sang pour remplir la coupe des vainqueurs ?
Combien de silence pour se donner bonne conscience ?
Les jeux olympiques de Pékin ont d’ores et déjà conquis la médaille d’or de l’hypocrisie. Derrière la belle façade se tapit le monstre hideux du totalitarisme. Ce système ne sert que ceux qui le servent. Les autres, il les écrase, il les démembre et en répand les morceaux dans le monde entier pour de l’argent.
Des sportifs vont battre des records, à Pékin, mais la dignité sera enterrée.
Pour chaque corps se propulsant dans les airs ou dans l’eau, un autre sera vidé de sa substance, dans l’ombre des camps.
Et le monde applaudira, il admirera la Chine en sucre candi qui lui sera servie lors de la grande messe sportive. Il se convaincra d’avoir, grâce au sport, fait avancer l’humanité dans l’empire du milieu.
En vérité, il aura servi de caution à un système qui, revigoré par cette reconnaissance mondiale et certain de son impunité, continuera à bafouer les droits de l’homme avec encore plus d’entrain.
Chaque compétition gagnée par un athlète aux jeux olympiques de Pékin sera en vérité une défaite pour l’homme. »


Et puis la flamme est allée ensuite à Lausanne devant le Comité International Olympique, puis devant le musée olympique avant de partir pour Paris oú elle est arrivée dimanche.



Là, elle a été transmise par la Suisse dans un lieu hautement symbolique : le parvis des droits de l’homme au Trocadéro. Les spectateurs ont formé une chaîne et se sont faits passer la flamme : joli symbole aussi. La flamme des droits de l’homme a été saluée par de nombreux hommes et femmes politiques français, des députés, des maires, des ONGs.

Et voici dans l’interview, ce qu’en a pensé Mme Marie Françoise Lamperti de l’association française Agir pour les Droits de l’Homme :

Aujourd’hui, c’est la flamme des droits de l’homme qui arrive sur le parvis des droits de l’homme à Paris. Vous-même faites partie de la CIPFG ?
Oui, évidemment j’en fais partie et ça fait plusieurs années que nous demandons qu’une enquête internationale indépendante ait lieu de manière à découvrir la vérité sur la persécution du Falun Gong, qui est bien sûr niée, sur les camps d’internement, sur les camps de travail et bien sûr le trafic d’organes.

On voit que cette coalition est sur tous les continents. Pensez-vous qu’il s’agit d’une vague de fond qui aura des conséquences décisives durant cette année qui nous mènera aux Jeux Olympiques ?
Concernant la question des droits de l’homme, toute action est importante, toute action est fondamentale. On ne sait jamais quelle forme prendra la victoire parce qu’elle n’appartient pas à un seul groupe ou une seule personne. Elle est le plus grand dénominateur commun de toutes les aspirations humaines, qui sont le respect de la personne, qui sont sa dignité, qui sont la liberté.

Le fait que Gao Zhisheng l’avocat des droits de l’homme chinois, fasse partie de cette coalition, ça vous touche particulièrement ?
Tout à fait car je crois que s’il y a des gens concernés, ce sont avant tout des avocats qui ne peuvent pas faire le métier de défenseur. Donc, c’est bien sûr très important.

Pour vous, cette flamme des droits de l’homme, elle représente quoi ?
D’abord elle représente la véritable nature de la flamme olympique. On l’a dit, cette flamme représente des valeurs de solidarité, de dignité. Mais ce que je voulais surtout dire, c’est toute la valeur symbolique de la lumière et chaleur et j’ai à l’esprit une célèbre réplique d’Alexandre le Grand lorsqu’il avait tout donné, les richesses, le butin, à ses soldats et ses soldats lui ont dit : « et vous qu’allez-vous emporter ? » Alexandre le Grand a dit : « j’emporte l’espoir ». Et cette flamme, au-delà de sa symbolique de Jeux Olympiques, elle emportera avec elle l’espoir pour tous les peuples.

Merci

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